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TEQBALL : Le parent pauvre de toutes les disciplines sportives du Sénégal !

Alors qu’il doit représenter le Sénégal aux prochains championnats du monde de Teqball du 04 au 08 décembre 2024 au Vietnam, Serigne Abdou Lahat Diop est sur un gros nuage noir quant à sa participation à ce tournoi qui est très compromise à cause du manque de soutien de nos autorités sportives. Le champion du Sénégal 2024 est revenu sur les gros maux de cette discipline, sa préparation difficile mais également l’appel du pied qu’il a lancé aux autorités compétentes au cours d’un entretien qu’il a accordé à Sport Inter ce lundi 25 novembre 2024.

 

Pouvez-vous vous présenter et expliquer comment cette discipline est entrée au Sénégal ?

Mon nom est Serigne Abdou Lahat Diop, je suis un joueur de Teqball à l’ASC Juemnga Club dans le département de Pikine à Keur Mbaye Fall. J’ai commencé à pratiquer cette discipline en 2019 et je suis déjà allé en Coupe du monde en 2022 et je dois y retourner cette année également pour compétir à ces championnats du monde. Avec ce sport, je forme aussi des jeunes qui sont âgés de 15 à 16 ans pour qu’à revenir qu’ils puissent être des champions du monde. Ce sport vient d’Hongrie depuis 2025 mais il est pratiqué au Sénégal en 2019 jusqu’à présent et on y travaille pour amener le drapeau du Sénégal partout dans le monde et on demande tout un chacun de nous aider et de participer à la réussite de cette discipline ?

Pourquoi pensez-vous que le soutien des autorités sénégalaises pourrait améliorer votre performance dans la compétition ?

Pour qu’on puisse s’améliorer, il faut que les autorités y participent pour que les tournois puissent être réguliers chaque mois comme ça, les sponsors vont venir pour nous faciliter les déplacements dans les régions. Avec ce système, on pourra faire des performances dans chaque région parce que sans tournoi, il n’y aura pas de performance car les entraînements seuls dans les clubs ne suffissent pas. Le ministre des sports doivent nous aider d’abord de reconnaître cette discipline pour qu’on puisse se préparer normalement comme les autres c’est-à-dire entrer en regroupement fermé pendant un mois ou deux mois pour mieux se concentrer afin d’augmenter le niveau. Avec ça, on pourra atteindre nos objectifs et apporter des résultats pour le Sénégal.

Quels sont vos objectifs pour les championnats du monde au Vietnam ?

Notre objectif est d’aller le plus loin possible en remportant des titres. Ce sera notre première participation en Singles. Durant notre première année, on était parti mais on avait joué en double. Mais cette fois-ci, ce sera notre première participation et on demande au peuple sénégalais de prier pour nous afin qu’on puisse atteindre les demi-finales ou finale voir remporter le trophée qui est notre ultime objectif.

Notre souhait le plus cher est que le Teqball soit reconnu au niveau du ministère des sports pour qu’on puisse avoir des subventions lors de son déplacement à l’étranger pour participer à des tournois internationaux surtout l’équipementier, les billets d’avion, la restauration et nos besoins en général parce que c’est extrêmement difficile en tant que joueur de s’occuper pour soi-même ton billet, la restauration etc. On se remet à Dieu et on espère que notre message sera entendu par le département du ministre des sports.

Quels sont les efforts que vous avez déployés pour sensibiliser les autorités sénégalaises à votre discipline et à vos besoins en tant que sportif ?

On a fait beaucoup d’efforts, je prends l’exemple sur moi : quand je suis parti pour la première fois, personne ne me connaissait mais je me suis classé à la huitième place. La deuxième année, je suis classé à la troisième place en remportant la médaille de bronze. Lors de la troisième année, j’étais finaliste et j’avais amené la médaille à Keur Mbaye Fall. Notre maire n’était pas au courant mais l’année dernière, on avait écrit une lettre au maire de Mbao Abdou Karim Sall pour lui expliquer nos difficultés mais surtout de nous aider sur le billet d’avion mais on n’a pas eu de retour. Mais cette année, nous sommes partis très tôt et on l’a vu, nous lui avons même présenté le trophée national qu’on a gagné et on lui expliqué ce qu’on voulait mais jusqu’à présent, on n’a rien vu, ce n’est pas très encourageant pour cette discipline.

On ne se limite pas seulement au niveau de la mairie parce qu’on a des jeunes qu’on forme et on dépose des lettres de demande d’accompagnement aux autres autorités. Ces jeunes peuvent représenter le Sénégal dans le futur et pour que cela puisse se faire, il faut qu’on nous aide car les jeunes sont doués et ils ont le talent, ce qui manque, ce sont les mesures d’accompagnement surtout sur le plan logistique et équipementier car bientôt, il y’aura des tournois U17, U19 comme le football avec les U20 , U23, le championnat, la Ligue des Champions etc, tout ceci existe également dans le Teqball et il faut nos autorités nous aident pour que les jeunes puissent s’adapter à ça très vite afin de remporter les tournois.

Quels sont les défis que vous avez surmontés pour réussir à atteindre vos objectifs sur le plan national et pouvez-vous revenir sur votre parcours ?

Les défis qu’on avait trouvés ici, étaient très difficiles car on a trouvé ici des gens qui ont duré sur le Teqball pendant deux ans comme Mame Cheikh Fam et Pape Matar qui étaient les premiers représentants du Sénégal au niveau mondial. D’abord, on devait rivaliser sur le plan national, tout était parfait mais on croisait les deux géants, le niveau étaient plus élevés et c’était trop difficile pour tous les nouveaux clubs (Ecobat, Malika, Sacré Cœur etc). Les principaux défis étaient d’abord de battre nos rivaux qui sont au niveau de que nous et ensuite voire comment titiller ceux qui sont au sommet. Ce fut un travail acharné, difficile et colossale qu’on a enchaîné pendant deux ans c’est la raison pour laquelle, on a battu plusieurs records en 2023. Le premier tournoi que j’ai perdu, était en 2020 à Guédiawaye et j’avais terminé à la huitième place du classement. En 2021, nous sommes partis à Mbour et j’ai terminé à la troisième place. En 2022, j’ai été finaliste deux fois sur le plan national et même en 2023 dans la catégorie de double et singles sans oublier la catégorie de mixte mais malheureusement j’avais tout perdu cette année-là. Mais en 2024, j’ai gagné tous les trophées en étant sacré champion du Sénégal. Ce fut un défi très difficile mais j’ai atteint mon objectif grâce au travail et le talent.

Quels sont les besoins spécifiques en termes de soutien que vous aimeriez voir se concrétiser de la part des autorités sénégalaises pour le développement du Teqball dans votre pays ?

Le soutien qu’on demande aux autorités sénégalaises : c’est entrer en contact avec le Teqball pour fédérer cette discipline afin que tous les Sénégalais puissent connaître cette discipline. Nous pouvons dire que ce sport est uniquement pratiqué à Dakar et à Tambacounda parce que les clubs qui sont à Dakar et un autre à Tamba. A Saint-Louis ou encore Diamniadio, il y’en avait mais lors des derniers tournois, on ne les a pas vu pour montrer le manque de soutien de nos autorités envers cette discipline. Les déplacements sont difficiles et ce n’est pas facile de quitter Tamba ou Saint-Louis pour venir à Dakar et être dans de très bonnes conditions parce que souvent les tournois durent deux jours et les participants viennent deux jours en avant mais si tu n’as pas les moyens, tu es obligé de venir la veille c’est-à-dire la nuit et vouloir jouer le tournoi le lendemain, ceci est extrêmement difficile et nous demandons le soutien de nos autorités surtout sur le plan national pour qu’on puisse avoir notre propre terrain pour compétir. On peut même faire des championnats durant l’année pendant cinq ou six fois mais actuellement cela se fait que deux fois par an et chaque club peut gagner une manche, dans ce cas, on ne saura pas qui est le meilleur. Mais on le faisait plusieurs, on saura qui est le champion parce que grâce à ces tournois, on pourra atteindre certains niveaux.

Chaque année, on paie de nous même les billets pour disputer les championnats du monde, on part souvent voir les bonnes volontés pour demander de l’aide et c’est désolant pour des acteurs qui doivent représenter le drapeau du Sénégal et c’est difficile. Moi, je ne peux même pas se concentre normalement parce que j’ai des doutes si je vais y participer ou pas et pendant ce temps, les autres nations se préparent dans de bonnes conditions. On devait entrer en regroupement et se préparer pendant un mois, comme ça, on aura les acquis nécessaires pour faire face aux autres concurrents devant le public. On ne peut pas avoir de bons résultats si on ne résout pas les difficultés que j’ai cité et si aujourd’hui, je gagne des trophées, ce sera une victoire pour le Sénégal vu que je suis leur représentant dans cette discipline et j’ai une défaite, cela fait également très mal, c’est la raison pour laquelle nos autorités doivent réagir pour nous aider à régulariser ce sport connu et reconnu dans le monde entier.

Aziz WATT

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