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La grosse galère des clubs de Liga en Ligue des Champions

Les écuries du championnat espagnol sont en difficulté cette saison dans les différentes compétitions européennes auxquelles ils participent…

Il y a quelques années encore, l’Espagne dominait l’Europe. Real Madrid, Atlético de Madrid et le FC Barcelone s’offraient ainsi des gros parcours de façon très régulière en Ligue des Champions, et en Europa League, on avait aussi plusieurs clubs ibériques régulièrement performants, avec le Séville FC comme principal exemple, mais pas que. Cette saison, c’est bien plus compliqué, et c’est une tendance qui commence à durer et à se confirmer. Le FC Barcelone, quinzième en Ligue des Champions, affiche ainsi un bilan de deux victoires, deux défaites et un nul, ayant perdu ses deux rencontres contre des adversaires d’un certain niveau, Chelsea et le PSG. Côté Real Madrid, c’est un peu plus positif, puisque les Merengues sont neuvièmes avec trois victoires en quatre journées, et repasseront dans le top 8 en cas de victoire contre l’Olympiakos. Mais lors de leur seul match face à un grand rival, Liverpool, les hommes de Xabi Alonso se sont inclinés.

L’Atlético de Madrid est aussi dans le dur. Certes, la situation n’est pas encore catastrophique puisque les Colchoneros, vingtièmes, sont à seulement 3 points du top 8 et ont un match de moins que la plupart des équipes placées devant, mais là aussi, ça a coincé dans les gros matchs. Les Rojiblancos ont ainsi perdu leurs deux oppositions face à des adversaires de poids, Liverpool et Arsenal. L’Athletic Club est lui vingt-huitième, avec une seule victoire en cinq journées, alors que Villarreal, qui carbure plutôt bien en Liga, n’a toujours pas gagné le moindre match et pointe à la trente-quatrième place. Petite statistique intéressante : sur les neuf confrontations entre clubs espagnols et anglais cette saison, la Liga n’en a gagné qu’une, à savoir le duel entre le Barça et Newcastle (1-2). En Europa League en revanche, c’est un peu plus positif puisque les deux clubs participants, le Celta de Vigo et le Betis, sont respectivement quatrième et neuvième. Tout comme le Rayo Vallecano réalise une bonne campagne en Conference League, avec une sixième place. C’est donc surtout en Ligue des Champions que le problème existe.

La Liga ne fait plus le poids
Un constat est évident : le niveau des cadors espagnols a chuté. D’abord, sur le plan individuel, puisque l’époque où le Barça et le Real Madrid avaient les tous meilleurs joueurs de la planète dans leur effectif est révolue. Sur le papier, le onze de Chelsea n’avait peut-être pas grand-chose à envier à celui du FC Barcelone mardi soir, et il y a peut-être même plus de joueurs des Blues qui seraient titulaires à Barcelone que l’inverse. Un constat similaire peut être fait avec les compositions du dernier Liverpool – Real Madrid, et clairement lors du duel entre le PSG et le Barça du début de saison. Un déclassement qui s’explique d’abord par des raisons financières, puisque les clubs anglais, notamment grâce à leurs juteux droits TV et à la présence d’investisseurs dans leurs rangs, sont bien plus puissants sur le mercato, pouvant payer de plus gros transferts et de meilleurs salaires que le Real Madrid et le Barça. Ces derniers – qui ne sont pas exempts de tout reproche en termes de gestion économique, notamment côté catalan – comptent surtout sur leur prestige et leur aura pour convaincre des joueurs. Dans un contexte où ils ne sont plus en position de force sur le plan pécuniaire, les cadors de Liga doivent en plus composer avec un fair-play financier assez strict qui limite leur marge de manœuvre sur le marché.

C’est inévitable : moins de pouvoir d’achat, moins bons joueurs dans l’effectif, et donc moins bons résultats. Pour beaucoup en Espagne, le patron de la Liga Javier Tebas est le principal coupable de cette situation. D’autres explications purement footballistiques peuvent être avancées. Le football actuel est plutôt basé sur des transitions rapides et la qualité athlétique des joueurs prime parfois sur des aspects plus techniques ou tactiques. Une mode qui ne correspond pas forcément à ce qu’est habituellement le football espagnol et qu’on voit tous les week-ends en Liga, avec un rythme habituellement plus posé et des défenses moins agressives à la récupération du ballon. Les cadors de Liga n’ont donc pas forcément l’habitude de se faire rentrer dedans comme le font les clubs anglais par exemple, et ce football que l’on peut qualifier de plus physique semble justement plutôt favoriser les formations britanniques.

Quelles solutions ?
Quoi qu’il en soit, la Liga a bien perdu son hégémonie et n’est que quatrième au classement UEFA cette saison, alors qu’elle est troisième sur le classement général qui prend en compte les cinq dernières saisons. Très loin de la décennie 2009-2019 pendant laquelle elle a occupé la première place sans la quitter pratiquement. Pour certains observateurs, c’est aussi un simple retour à la normale pour un championnat qui a peut-être été en surrégime en Europe pendant les années 2000 et 2010. Effectivement, il ne faut pas oublier que l’Espagne fait partie des pays les plus pauvres du continent, et que les entrées d’argent au niveau local resteront toujours plus limitées que pour les clubs anglais, allemands ou français, où les fans ont bien plus de pouvoir d’achat et de possibilités de remplir les caisses de leurs clubs directement ou indirectement via l’achat d’abonnements TV ou de produits dérivés. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le Real Madrid et le FC Barcelone tentent de trouver de nouvelles sources de financement, avec la possible arrivée d’investisseurs dans leur capital, et l’exploitation de leur nouveau stade comme lieu d’organisation d’évènements externes au football. À vrai dire, le Real Madrid comme le FC Barcelone n’ont pas vraiment le choix s’ils souhaitent rester compétitifs. L’Atlético de Madrid, aussi limité pour les mêmes raisons que ses deux grands frères, est d’ailleurs récemment passé sous pavillon américain.

Faut-il pour autant être catastrophiste ? Pas forcément. La formation espagnole reste brillante, comme en témoignent les excellents résultats de ses sélections dans les différents tournois organisés ces dernières années, tout comme ils sont nombreux à briller aux quatre coins de l’Europe. Un vivier dans lequel les gros clubs espagnols vont donc pouvoir continuer de piocher pour pas cher, voire gratuitement, et qui leur garantira un certain niveau minimum. Les nouvelles stratégies des clubs visant à enrôler des joueurs avant qu’ils explosent – Franco Mastantuono est un bon exemple – leur permettront aussi de continuer d’attirer les pépites de demain, même s’ils vont devoir les partager avec d’autres clubs, comme Estêvão Willian que Madrilènes et Barcelonais voulaient. Le foot est aussi fait de cycles, et nul doute que dans quelques années, la méta aura encore changé et sera peut-être plus favorable au style de jeu espagnol qu’actuellement. Mais d’ici là, les fans de Liga risquent de devoir manger leur pain noir…

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