Présenté officiellement comme le nouveau sélectionneur de l’équipe nationale du Sénégal, Patrick Vieira a tenu sa première conférence de presse et répondu aux nombreuses questions des journalistes. Le technicien français a notamment évoqué le statut de Kalidou Koulibaly, l’absence de Sadio Mané, la construction de son staff, ses ambitions avec les Lions, l’intégration des jeunes ainsi que son projet de jeu.
Kalidou Koulibaly sera-t-il le capitaine du Sénégal ?
« On en reparlera avec Kalidou et avec certains joueurs, mais aujourd’hui, Kalidou reste le capitaine du Sénégal.
Pour répondre à la deuxième question, je connais très bien l’impatience. Je suis conscient des résultats du Sénégal et de l’équipe nationale lors des deux dernières Coupes d’Afrique.
Bien sûr, compte tenu des joueurs que compte cette nation, nous devons avoir de l’exigence. Cette exigence doit se manifester en dehors du terrain, mais aussi au niveau des résultats. Je suis quelqu’un qui est venu ici non pas pour faire de la figuration.
Il y a cette ambition de gagner des trophées. Mais pour gagner des trophées, il faut bien travailler, c’est-à-dire mettre en place une structure qui permettra aux joueurs d’exprimer leurs talents sur le terrain.
Je comprends l’attente des journalistes. Je comprends très bien celle des supporters. Mais tous ensemble, encore une fois, je suis persuadé qu’en faisant du très bon travail, nous pouvons continuer à gagner. »
Pourquoi avoir choisi le Sénégal ?
« Il y a des choix qui sont guidés par l’esprit, par la tête, et il y a d’autres choix que l’on fait avec le cœur. Moi, pour ce choix, mon cœur a choisi et la tête a suivi.
J’ai eu la chance de rencontrer le président et de discuter avec lui de la situation actuelle de la sélection. Nous avons énormément parlé des joueurs et des futurs joueurs. Nous avons également beaucoup discuté des jeunes joueurs qui peuvent intégrer le groupe professionnel et, à terme, la première équipe.
À partir de là, il y avait vraiment tous les ingrédients pour accepter ce challenge.
Pour le reste, le travail et l’abnégation feront que nous aurons, je l’espère, des résultats positifs. »
Un staff en construction
« Concernant le staff qui est en train de se construire, j’ai bien sûr emmené quelques personnes avec moi : des gens qui me connaissent et qui vont me permettre de gagner du temps.
En même temps, en collaboration avec la Fédération et le président, nous avons conservé certaines personnes qui faisaient partie du précédent staff.
Tous ensemble, nous allons travailler en commun pour tirer le potentiel de l’équipe vers le haut. De ce côté-là, il n’y a pas eu de souci ni de problème dans la construction du staff. »
L’absence de Sadio Mané et la question de son salaire
« Concernant l’absence de Sadio Mané, je l’ai eu au téléphone. Il a un pépin physique et c’est pour cela qu’il ne sera pas avec nous pour ce rassemblement. Il le sera sûrement lors du prochain.
Je ne suis pas là pour parler de l’aspect financier. Ce qui m’importe vraiment aujourd’hui, c’est de me présenter à vous et d’essayer de décrire le projet que je veux mettre en place.
Il y a eu une négociation avec le président et la Fédération. Mon choix était vraiment celui du cœur et non celui de la finance.
L’objectif et la fierté pour moi, c’est d’être nommé sélectionneur de l’équipe nationale du Sénégal. C’est pour cela que, dès les premières rencontres que j’ai eues avec le président, j’ai tout de suite accepté ce challenge.
Il y avait aussi une génération de joueurs exceptionnelle qui arrivait et une réelle possibilité pour moi d’apporter mon expérience du très haut niveau.
Ce challenge et le fait de travailler aux côtés du président étaient les choses les plus importantes pour moi. »
Pourquoi l’annonce de sa nomination a-t-elle été retardée ?
« C’est vrai qu’après avoir rencontré le président et donné mon accord pour devenir sélectionneur de l’équipe nationale du Sénégal, des discussions se sont mises en place.
Je pense que nous n’étions pas prêts à l’annoncer. Nous ne l’étions pas tout simplement par respect pour la population et pour les journalistes. Il fallait attendre que les deux parties se mettent d’accord sur plusieurs détails avant de pouvoir l’annoncer.
Cela a pris un peu plus de temps que prévu. »
El Hadji Diouf, Fadiga et les anciennes gloires
« Vous avez parlé des anciens joueurs qui ont marqué l’histoire du Sénégal. Nous avons notamment en commun un ami à moi, Fadiga, qui est ici.
Je pense que cela montre le soutien de cette génération. Vous avez également parlé d’El Hadji Diouf, qui est un ami très proche.
Ce sont des joueurs sur lesquels je vais m’appuyer parce qu’ils connaissent le football sénégalais et le football africain. La relation que j’ai avec eux va me permettre d’avoir un temps d’adaptation beaucoup plus court.
Après, ce qu’il faut vraiment mettre en place, c’est un cadre de travail. Cela veut dire que, qu’il s’agisse d’El Hadji Diouf ou d’un autre ancien joueur qui sera autour de l’équipe nationale, cette personne devra avoir un rôle et des responsabilités très clairs auprès de l’équipe.
Leur expérience est importante pour cette nouvelle génération de jeunes joueurs qui vont intégrer l’équipe nationale.
Je compte m’appuyer sur eux pour accélérer ma connaissance du football africain et du football sénégalais. Ce sont des gens très bien humainement, en qui j’ai 300 % confiance.
Je vais m’appuyer sur eux pour leur expertise du football sénégalais. »
Son regard sur le Sénégal-France de la Coupe du monde
« Le Sénégal-France, lors de la dernière Coupe du monde, j’étais au stade. C’était important pour moi de voir un très beau match de football et que la meilleure équipe gagne.
Je pense que chaque équipe a eu sa mi-temps. Sur la première mi-temps, je trouve que le Sénégal a été meilleur, mais malheureusement, il n’a pas su concrétiser ses occasions.
En deuxième mi-temps, la France a pris l’avantage et a concrétisé ses occasions.
La France a gagné le match. À partir de là, j’étais au stade pour voir un très beau match de football. »
Comment gérer les trois matches rapprochés ?
« C’est vrai qu’en début de saison, les joueurs vont arriver avec des temps de jeu différents. Nous prendrons vraiment en considération le nombre de minutes jouées par chaque joueur.
Il sera également important de remettre un peu plus en forme les joueurs qui ont très peu joué.
Ce premier match sera très important parce qu’il va lancer cette campagne de qualification. Nous avons deux joueurs qui seront suspendus pour les deux premiers matches, mais le match contre les Comores va bien sûr aussi me servir par rapport à ce que je veux mettre en place.
C’est pour cela que je tenais vraiment à ce que ces deux joueurs viennent. Mais il y aura très peu de temps de travail, parce que la priorité sera aussi la fraîcheur physique.
À partir de là, il faudra gérer le temps de récupération en fonction de la distance et des voyages. Mais la plupart des joueurs sont très bien physiquement et jouent régulièrement.
Nous aurons donc une équipe compétitive sur le terrain contre le Mozambique. »
Quelle approche face au Mozambique ?
« Nous sommes en train de travailler sur ce que nous pouvons attendre de l’adversaire, notamment sur l’aspect tactique.
Nous avons bien étudié ses points forts et ses points faibles. À partir de là, il faudra mettre en place un système de jeu qui nous permettra justement de gagner ce match, de marquer des buts et de produire du bon football. »
Quand Patrick Vieira a-t-il commencé à préparer son équipe ?
« À partir du moment où j’ai rencontré le président, je savais que ce n’était qu’une question de temps. C’était aux alentours de la Coupe du monde.
On arrivait vers la finale de la Coupe du monde et, à partir de là, je savais que je serais le sélectionneur de l’équipe nationale du Sénégal.
Cela signifie que cela fait déjà un bon moment que je travaille sur l’équipe. J’ai regardé les derniers matches de la Coupe du monde et j’ai étudié les matches de la Coupe d’Afrique.
Je connais très bien cette équipe nationale. Je connais très bien les joueurs, aussi bien par rapport à leurs qualités individuelles que collectives.
C’est pour cela que nous serons prêts pour ce premier match contre le Mozambique. »
Pourquoi Krépin Diatta n’a-t-il pas été convoqué ?
« La réponse est assez claire et assez simple : c’est parce qu’il n’a pas de club et qu’il n’a pas joué. C’est pour cela qu’il n’est pas là aujourd’hui.
C’est un joueur que j’aime beaucoup. Il a fait une très belle Coupe du monde. Il doit régler son problème le plus rapidement possible pour pouvoir être sélectionné en équipe nationale. »
La gestion des cadres et un premier match à l’extérieur
« La gestion des cadres, pour moi, se fait sur la confiance, le dialogue et la transparence. À partir de là, il n’y aura aucun souci avec les cadres de l’équipe.
Concernant le match qui a été déplacé, c’est sûr que j’aurais préféré jouer le premier match ici, à Dakar.
Mais malheureusement, après discussion avec la Fédération, nous avons tous pensé que la meilleure décision était de modifier la programmation du match et d’aller jouer au Mozambique.
Ce sont des difficultés que nous allons accepter et gérer. Nous ferons le nécessaire pour être prêts pour ce match. »
Quelle identité de jeu pour les Lions ?
« La philosophie de jeu, compte tenu de la qualité de l’effectif, serait de jouer avec de l’intensité et de l’agressivité, mais surtout avec une organisation très claire et très précise.
À partir de là, je pense que les joueurs doivent mettre leur qualité au service du collectif.
Sur l’aspect tactique, il y aura des changements et quelque chose de nouveau que je voudrais apporter à l’équipe.
Mais encore une fois, l’objectif est de mettre les joueurs dans les meilleures conditions pour qu’ils puissent exprimer leur talent.
Quand on regarde la qualité de cet effectif, on doit pouvoir jouer un football agressif, avec de l’intensité et orienté vers l’avant. »
Pourquoi Pathé Ciss n’a-t-il pas été convoqué ?
« Concernant le nombre de jeunes joueurs dans cette liste, cela va vraiment faciliter leur intégration et leur capacité à apprendre le haut niveau.
Les cadres auront un rôle important à jouer. C’est pour cela que je trouve que l’équilibre entre les jeunes joueurs qui arrivent en sélection et les joueurs de base qui ont une certaine expérience en équipe nationale est plutôt bon.
Je pense que ces jeunes joueurs auront énormément à apprendre des cadres, et que ces derniers ont un rôle important à jouer.
Concernant le choix au milieu de terrain que vous avez mentionné, je ne veux pas rentrer dans les choix.
C’est mon rôle et ma responsabilité de faire des choix, et je ne vais pas à chaque fois communiquer sur le pourquoi du comment.
Mais c’est vrai qu’au milieu de terrain, cet équilibre entre les jeunes joueurs et les joueurs d’expérience me paraît plutôt positif.
Nous sommes en train de gérer à court terme cette qualification pour la Coupe d’Afrique 2027-2028, mais aussi d’avoir une vision de ce qui peut arriver pour la Coupe du monde 2030.
Je sais que nous en sommes encore loin. Aujourd’hui, nous allons nous focaliser sur notre premier objectif, qui est de nous qualifier pour la Coupe d’Afrique.
Mais j’aime beaucoup cet équilibre au milieu de terrain entre l’expérience, la maturité et les jeunes joueurs qui peuvent, un jour, devenir des leaders de cette équipe nationale. »
Diambars et le rêve de diriger les Lions
« Je suis très content que vous ayez mentionné le nom de Saïr Seck, que je considère comme un grand frère.
Vous savez, dans la vie, on a toujours besoin de rencontrer quelqu’un qui nous fait prendre conscience de certaines choses. Saïr a été quelqu’un de déterminant dans cette période de maturité dont, personnellement, j’avais besoin.
Depuis Diambars, nous sommes toujours restés proches et nous sommes toujours restés en contact. Il a été une personne très importante pour moi et il l’est toujours d’ailleurs.
J’ai toujours en tête qu’à l’inauguration de Diambars, il avait déjà dans l’idée qu’un jour je serais entraîneur de l’équipe nationale du Sénégal.
C’est arrivé 23 ans après. C’est pour cela que j’ai une pensée pour lui et pour toute sa famille. »
La retraite d’Édouard Mendy et la hiérarchie des gardiens
« Encore une fois, c’est la compétition qui décidera de qui jouera et de qui ne jouera pas.
J’ai eu Édouard Mendy au téléphone et il m’a annoncé sa décision. Je pense que c’est une perte pour le football sénégalais, compte tenu de tout ce qu’il a apporté à cette sélection.
C’est une décision qu’il faut respecter, aussi difficile soit-elle, par rapport à tout ce qu’il a fait pour cette nation.
Je lui souhaite vraiment beaucoup de bonnes choses. J’ai échangé avec lui et c’est quelqu’un de très attachant que j’aime beaucoup.
Cette décision, je la respecte parce que ce n’est pas une décision facile à prendre. »
Aziz Watt (Red Chef)