Le Sénégal est de nouveau roi d’Afrique.
Au terme d’une finale d’une intensité exceptionnelle face au pays hôte, le Maroc, les Lions de la Teranga s’imposent sur la plus petite des marges (1-0) après prolongations et confirment leur statut de meilleure nation africaine du moment.
Une affiche de rêve entre les deux meilleures équipes du continent, devant plus de 66 500 spectateurs en fusion pour ce qui restera comme la dernière danse de toute une génération dorée.
Coup dur avant le coup d’envoi Krèpin Diatta, l’un des piliers sénégalais, est forfait à la dernière minute.
Le sélectionneur Pape Thiaw n’a d’autre choix que de titulariser Antoine Mendy sur le côté droit, un pari audacieux dans une finale aussi tendue.
Dès les premières minutes, le ton est donné.
Le premier quart d’heure est fermé, électrique, chaque duel comptant double.
Le Maroc monopolise légèrement le ballon (54 % de possession), mais sans véritable domination. Deux tirs de chaque côté, un seul cadré pour le Sénégal.
Depuis 1998, aucune finale de CAN ne s’est conclue avec plus d’un but d’écart. Les 13 dernières finales l’ont prouvé ici, tout se joue sur des détails, jusqu’à la dernière seconde.
À la 38e minute, première grosse alerte pour les Lions de l’Atlas.
Nicolas Jackson glisse un ballon parfait à Iliman Ndiaye dans la surface, mais Bounou, impérial, remporte son duel.
Le portier marocain, qui n’avait encaissé qu’un seul but dans toute la compétition (sur penalty face au Mali), confirme son statut.
Le match est rugueux, l’entrejeu saturé de duels.
Ni le Sénégal, ni le Maroc ne veulent lâcher. À la pause, le score est nul et vierge, logique au vu de l’intensité tactique.
Porté par son public, le Maroc accentue la pression au retour des vestiaires.
Mais le Sénégal, fidèle à son ADN, pose progressivement son jeu.
À la 58e minute, El Kaabi frôle l’ouverture du score après une inspiration d’El Aynaoui. Frayeur côté sénégalais.
À la 62e, une relance manquée d’El Hadji Malick Diouf profite à Brahim Díaz, puis à El Kaabi, mais Mamadou Sarr sauve les siens d’un tacle décisif.
Le match reste ultra tactique, parfaitement maîtrisé par Walid Regragui et Pape Thiaw.
Le sélectionneur sénégalais frappe fort
Ismaïla Sarr, Abdoulaye Seck et Ibrahim Mbaye entrent en jeu.
Tout le flanc droit est renouvelé pour apporter fraîcheur et percussion et passer du 4-3-3 à un 3-5-2.
Les minutes filent, la tension est maximale.
À la 90+7e, coup de tonnerre, la VAR appelle l’arbitre.
Penalty pour le Maroc après une faute de Malick Diouf sur Brahim DIAZ.
Le stade s’embrase, le match est interrompu.
Les supporters sénégalais protestent violemment, les joueurs refusent de reprendre.
Sadio Mané, en capitaine et leader absolu, calme les siens, parle, rassure, rassemble. Le Sénégal revient sur la pelouse.
Brahim Díaz tente une panenka
ÉDOUARD MENDY, impérial, reste sur ses appuis et capte le ballon.
Un arrêt historique.
Place aux prolongations.
Mentalement, le Sénégal a pris l’ascendant.
Sur une inspiration géniale de Sadio Mané, le jeu est renversé.
Pape Gueye est lancé dans la profondeur, résiste à la défense marocaine et déclenche une frappe magistrale en pleine lucarne.
1-0 pour le Sénégal.
Les Lions de la Teranga exultent, mais le plus dur reste à faire.
Sous la pression marocaine, le Sénégal fait bloc.
Idrissa Gana Gueye, infatigable, gratte, oriente, temporise
Édouard Mendy, encore décisif
Sadio Mané, leader technique et mental jusqu’au bout.
Le Maroc pousse, El-Nesyri rate de peu à la 102e.
Chérif Ndiaye manque le but du break à la 110e mais les Lions tiennent bon.
Le score ne changera plus.
Le Sénégal s’impose 1-0, au bout de l’effort, au bout du mental, au bout de la grandeur.
Deuxième étoile, une génération entrée dans la légende,
Un jeu étalé et maîtrisé tout au long du tournoi.
Mané, Gana Gueye, Koulibaly, Mendy
des légendes absolues du football africain, désormais doubles champions d’Afrique.
Le Sénégal n’a pas seulement gagné une CAN.ll a confirmé qu’il est la référence du football africain.
Mamadou BA envoyé spécial à Rabat
