Encore une fois décevant et remplacé par un Yan Diomandé nettement plus performant, l’ailier brésilien continue sa descente aux enfers.
« Vivre chaque instant. Tout passe. » Hier soir, après la brillante victoire du Real Madrid face au RB Leipzig (4-1), Vinicius Junior était sans doute le seul joueur merengue à être rentré chez lui la tête basse. L’ailier brésilien de 26 ans vient d’enchaîner un troisième match de Ligue des Champions sans être décisif, après une nouvelle prestation très moyenne. Remplacé à vingt minutes de la fin par Yan Diomandé, le numéro 7 a vu son principal concurrent délivrer une passe décisive et inscrire un but splendide, le tout en quatre petites minutes. Un but que Diomandé a tenté d’expliquer face aux journalistes.
« Je vais tenter ma chance, une touche et boum. Ce n’est pas facile, bien sûr que ce n’est pas facile… Ça a l’air facile à dire, mais pas à faire. Brahim m’a fait la passe et je me suis dit : « Allons-y, essayons. » » Logiquement pointé du doigt à l’issue de la rencontre pendant que son concurrent ivoirien jubilait, « Vini » a pu compter sur le soutien de Kylian Mbappé. « Vinicius, on le sent bien. C’est normal qu’il soit un peu triste, car il veut donner beaucoup à cette équipe et aux supporters. Il doit être tranquille et rester fier du joueur qu’il est. La qualité, il l’a. » Face aux médias, José Mourinho a forcément été obligé d’expliquer son choix de faire sortir le Brésilien.
«Ils l’ont laissé tomber»
« L’intention en faisant entrer Diomandé n’était pas de penser au Clásico, mais plutôt à ce banc de touche et au fait que nous disposions de profils très rapides. Un Diomandé frais et dispo en fin de match est difficile à arrêter. Vini a livré un bon match sur le plan tactique. Il a très bien défendu. Il aurait ensuite pu marquer un but magnifique, mais le gardien a réalisé un superbe arrêt. Lui seul peut dire s’il est triste, mais son entraîneur est content. Je pense que vous pouvez avoir votre propre perception, mais lui seul peut exprimer ce qu’il ressent. Je suis satisfait de sa performance. On attend toujours plus de lui, qu’il soit décisif individuellement, mais il a livré un match qui m’a plu. Parmi les trois attaquants, c’était lui qui avait la plus grande responsabilité défensive, car le latéral droit adverse s’engouffrait entre les lignes et Vini a très bien comblé ce vide. Un seul ballon est entré dans la zone centrale. Ensuite, avec le ballon, il n’a pas été époustouflant, mais il a été équilibré : il n’a pas perdu de ballons et a réalisé une très belle action où le gardien s’interpose. Ce changement ne vient pas du fait que l’entraîneur soit insatisfait, mais du fait que nous disposons d’un banc riche en talents, capable d’apporter une autre dynamique avec des joueurs comme Yan ou Endrick. Vous devez vous y habituer, car cela arrivera souvent que je retire un joueur qui ne joue pas mal pour en faire entrer un autre capable d’apporter quelque chose de différent. Je comprends ta question… Oui, je pense qu’il a besoin du soutien de tout le monde. Quand on est sur le terrain et qu’on se fait huer à l’extérieur, c’est souvent une source de motivation. Mais quand ça arrive à domicile… ça fait mal. Mais je reste content de ce qu’il a fait. »
Chacun est libre d’interpréter les paroles du Special One. Une chose est sûre : la presse espagnole, elle, ne croit pas du tout à la version d’un Mourinho satisfait du match du Brésilien. « Diomandé enterre Vinicius », titre Sport, quand Mundo Deportivo écrit que « pas une seule larme ne coulera pour Vini. Le Brésilien, qui sera absent du Clasico, a de nouveau montré une version très légère avant d’être remplacé par Diomandé qui a brillé. » Si les Catalans jubilent, le journaliste de Radio Marca, Roberto Gomez, s’est montré très inquiet du traitement reçu par l’international auriverde. « Ils l’ont laissé tomber. Ils l’ont laissé tomber ! Où est le président du Real Madrid ? Où est l’entraîneur ? Où est le capitaine ? Comment a-t-on pu passer d’une équipe et de dirigeants venus lui témoigner leur solidarité parce qu’il n’avait pas reçu le Ballon d’Or à le jeter pratiquement aux lions ? Où sont ces supporters qui, il y a peu, étaient encore fous de lui ? Le regard déçu de Vinicius hier lorsqu’il s’est assis sur le banc… Je crois que même ses propres coéquipiers se méfient de lui. Pour moi, cela me semble vraiment être l’une des situations les plus graves de l’histoire récente du Real Madrid. »
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